lunes, 13 de marzo de 2017

Entre son et sens




L’ÂME DES FEMMES 



Femmes mortes nées de femmes mortes
Nos mères peut-être ou bien alors avant
Vous qui ne leviez jamais le regard
Et qui teniez sur vos genoux vos mains croisées
Vos pieds sagement posés l’un à côté de l’autre

Femmes de la misère sur un chemin de nuit à Sumatra
La tête droite sous le ballot de linge
Ou bien dans un métro
Des journaux sur le bras
Vos bras surtout vos bras si maigres
Et le visage couleur de terre grise qui ne produira pas

Femmes phalènes sans lumière
En valse écervelée au sourire de l’homme
Poupées poupées
Porcelaine brisée
Ou chiffons déchirés
À votre gré violées vidées soumises

Femmes de la guerre
Des longs deuils de la guerre
Vos cris dans le désert
Vos yeux surtout vos yeux si noirs
Vous savez bien qu’ailleurs dans nos contrées
On peut comme les chats se tenir aux aguets de la splendeur du monde…



Françoise Donadieu


D.R. Texte inédit de Françoise Donadieu


(extrait de L’âme des femmes)

pour Terres de femmes

 


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