lunes, 28 de mayo de 2018

Entre son et sens




Joseph Portal


LE CIMETIÈRE MARIN

(deux premières strophes)

I

Ce toit tranquille où marchent les colombes,

Entre les pins palpite, entre les tombes;

Midi le juste y compose de feux

La mer, la mer, toujours recommencée!

O récompense après une pensée

Qu’un long regard sur le calme des dieux!

II

Quel pur travail de fins éclairs consume

Maint diamant d’imperceptible écume,

Et quelle paix semble se concevoir!

Quand sur l’abîme un soleil se repose,

Ouvrages purs d’une éternelle cause,

Le Temps scintille et le Songe est savoir.

Paul Valéry

Le Cimetière marin. Méditation philosophique en 24 strophes 

Marcel Boos
 Matériel sélectionné par Rosalía Montoya

martes, 22 de mayo de 2018

Entre son et sens




Chagall


LES MAINS D’ELSA 


Donne-moi tes mains pour l’inquiétude 

Donne-moi tes mains dont j’ai tant rêvé 

Dont j’ai tant rêvé dans ma solitude 

Donne-moi tes mains que je sois sauvé 



Lorsque je les prends à mon pauvre piège 

De paume et de peur de hâte et d’émoi 

Lorsque je les prends comme une eau de neige 

Qui fond de partout de mes mains à moi. 



Sauras-tu jamais ce qui me traverse 

Ce qui me bouleverse et qui m’envahit 

Sauras-tu jamais ce qui me transperce 

Ce que j’ai trahi quand j’ai tressailli 



Ce que dit ainsi le profond langage 

Ce parler muet de sens animaux 

Sans bouche et sans yeux miroir sans image 

Ce frémir d’aimer qui n’a pas de mots 



Sauras-tu jamais ce que les doigts pensent 

D’une proie entre eux un instant tenue 

Sauras-tu jamais que ce leur silence 

Un éclair aura connu d’inconnu 



Donne-moi tes mains que mon cœur s’y forme 

S’y laisse le monde au moins un moment 

Donne-moi tes mains que mon âme y dorme 

Que mon âme y dorme éternellement. 


Louis Aragon ( Le fou d’Elsa)

Chagall

Matériel sélectionné par Rosalía Montoya

domingo, 20 de mayo de 2018

Ven, que te dé un verso


Del 21 al 25 de mayo



Salvador Rojo

Asunción de la poesía 
[fragmento]
I
Yo me nazco, yo misma me levanto,
organizo mi forma y determino
mi cantidad, mi número divino,
mi régimen de paz, mi azar de llanto.

Establezco mi origen y termino
porque sí, para nunca, por lo tanto.
Soy lo que se me ocurre cuando canto.
No tengo ganas de tener destino.

Mi corazón estoy elaborando:
ordeno sufrimiento a su medida,
educo al odio y al amor lo mando.

Me autorizo a morir sólo de vida.
Me olvidarán sin duda, pero cuando
mi enterrado capricho lo decida.


MARÍA ELENA WALSH

lunes, 14 de mayo de 2018

Entre son et sens

Jacqueline Corbac



APRÈS L’ONDÉE


Dieu merci, la pluie est tombée

En de fluides longues flèches,

La rue est comme un bain d’eau fraiche,

Toute fatigue est décourbée.



Les réverbères qui s’allument

Par cette nuit lourde et mouillée,

Brillent dans la ville embrouillée

Comme des phares sur la brume.



Un parfum de verdure nage

Dans toute cette eau renversée;

À petites gouttes pressées

L’été s’évade du naufrage.



On voit des gens à leur fenêtre

Qui, le corps et le rêve en peine,

Respiraient et vivaient à peine,

Et que l’ondée a fait renaître.



La journée était moite et lente

Et couvait trop son rude orage;

Maintenant l’esprit calme et sage

Se trempe d’eau comme une plante.



L’âme était sèche, âcre et rampante,

L’éclair y préparait sa course;

L’air est dans l’air comme une source,

D’humides courants frais serpentent,



Tout se repose, tout s’apaise,

Tout rentre dans l’ombre et le somme,

Tandis que meurt au coeur de l’homme

Le feu des volontés mauvaises…

Anna de Noailles, L’ombre des jours
 
Edouard Cortes
 
Matériel sélectionné par Rosalía Montoya

domingo, 13 de mayo de 2018

domingo, 6 de mayo de 2018

Ven, que te dé un verso


Semana del 7 al 11 de mayo

Paula Mayor


Hora tras hora, día tras día…

Hora tras hora, día tras día,
entre el cielo y la tierra que quedan
eternos vigías,
como torrente que se despeña,
pasa la vida.

Devolvedle a la flor su perfume
después de marchita;
de las ondas que besan la playa
y que una tras otra besándola expiran
recoged los rumores, las quejas,
y en planchas de bronce grabad su armonía.

Tiempos que fueron, llantos y risas,
negros tormentos, dulces mentiras,
¡ay!, ¿en dónde su rastro dejaron,
en dónde, alma mía?

Rosalía de Castro

Entre son et sens


Pierre-Auguste Renoir 


LA FÊTE DES MÈRES 

La date de cette fête en l’honneur des mères est différente en fonction des pays ( en grande majorité en mai). 
Cette année, en France, elle aura lieu le 27(le dernier dimanche de mai ). En Espagne, elle est célébrée le 6 mai ( le premier dimanche de ce mois).




OH! L’AMOUR D’UNE MÈRE 


Ce siècle avait deux ans… 
Alors dans Besançon, vieille ville espagnole, 
Jeté comme la graine au gré de l’air qui vole, 
Naquit d’un sang breton et lorrain à la fois 
Un enfant sans couleur, sans regard et sans voix; 
Si débile, qu’il fut, ainsi qu’une chimère, 
Abandonné de tous, excepté de ma mère, 
Et que son cou plié comme un frêle roseau 
Fit faire en même temps sa bière et son berceau 
Cet enfant que la vie effaçait de son livre, 
Et qui n’avait pas un lendemain à vivre, 
C’est moi. 
Je vous dirai peut-être quelque jour 
Quel lait pur, que de soins, que de voeux, que d’amour, 
Prodigués pour ma vie en naissant condamnée, 
M’ont fait deux fois l’enfant de ma mère obstinée: 
Ange qui sur trois fils attachés à ses pas! 
Epandait son amour et ne mesurait pas 
Oh! L’amour d’une mère! Amour que nul n’oublie! 
Pain merveilleux qu’un Dieu partage et multiplie! 
Table toujours servie au paternel foyer! 
Chacun en a sa part et tous l’ont tout entier!


Victor Hugo, Extrait du recueil Les Feuilles d’automne

Matériel sélectionné par Rosalía Montoya

miércoles, 2 de mayo de 2018

Entre son et sens




PREMIER MAI, FÊTE DU TRAVAIL ET DU MUGUET


Le premier mai est un jour férié en France: c’est en l’honneur du travail et des travailleurs . On célébre également la “fête du muguet”( la tradition d’offrir un brin ou un petit bouquet de muguet “porte-bonheur” à la famille et aux amis).

Le muguet ( lys de la vallée) signifie “le retour du bonheur”. On dit que celui qui trouve “ un brin de muguet à treize clochettes sera tout particuliérement favorisé par le destin!”









LE MUGUET

Cloches naïves du muguet ,

Carillonnez ! car voici Mai !



Sous une averse de lumière,

Les arbres chantent au verger,

Et les graines du potager

Sortent en riant de la terre.



Carillonnez ! car voici Mai !

Cloches naïves du muguet !



Les yeux brillants, l’âme légère,

Les fillettes s’en vont au bois

Rejoindre les fées qui , déjà ,

Dansent en rond sur la bruyère.



Carillonnez ! car voici Mai !

Cloches naïves du muguet !


Maurice Carême



 

LE MUGUET


Un bouquet de muguet ,

Deux bouquets de muguet ,

Au guet ! Au guet !

Mes amis, il m’en souviendrait.

Chaque printemps, au premier mai.

Trois bouquets de muguet ,

Gai ! , Gai !

Au premier mai,

Franc bouquet de muguet.



Robert Desnos


MATÉRIEL SÉLECTIONNÉ PAR ROSALÍA MONTOYA