lunes, 22 de mayo de 2017

Entre son et sens



Impression, soleil levant , Claude Monet.

NUIT DE MAI 


Au couchant lumineux quand le jour se replie, 
Qu’une planète au ciel déjà peut s’entrevoir, 
Il fait bon, couple errant sur une onde assouplie, 
De respirer à deux l’air embaumé du soir, 
De saluer là-haut ces premières étoiles 
Dont le rayon lointain nous invite à rêver : 
Matelot ¡ Matelot! Laisse tomber tes voiles ; 
Notre rêve est si doux que je veux l’achever ! 


Extase où, sans effort, tout chagrín se dissipe! 
Du ciel et de la mer contempler les couleurs, 
Aspirer dans le vent, qui vient du Pausilippe, 
Les parfums des citrons et des lauriers en fleurs ; 
Sentir si près de soi la femme qu’on adore, 
Voir son sein par moment d’amour se sooulever! 
Matelot,Matelot, ne rentrons pas encore ; 
Notre rêve est si doux que je veux l’achever! 


Ses cheveux dénoués que l’ivoire abandonne, 
Mélés à mes cheveux, flottent au même vent ; 
Son front penche; ses doigts de fée ou de Madone, 
Frémissent dans ma main sous mon baiser fervent. 
Loin de jaloux déçus, loin des perfides trames, 
Le bonheur est ici pour qui sait le trouver : 
Matelot, matelot, laisse prendre tes rames ; 
Notre rêve est si doux que je veux l’achever ¡ 

Joseph Autran

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