martes, 31 de enero de 2017

Le poème de la semaine

Ilustración de Belén Ruiz Esturla



Songes-tu parfois, bien-aimée, 
assise près du foyer clair, 
lorsque sous la porte fermée 
gémit la bise de l'hiver,

qu'après cette automne clémente, 
les oiseauxcher peuple étourdi, 
trop tard, par un jour de tourmente, 
ont pris leur vol vers le Midi ;

que leurs ailesblanches de givre, 
sont lasses d'avoir voyagé ; 
que sur le long chemin à suivre 
il a neigéneigéneigé ;

et que, perdus dans la rafale, 
ils sont transis et sans voix, 
eux dont la chanson triomphale 
charmait nos courses dans les bois ?

Hélas ! comme il faut qu'il en meure 
de ces émigrés grelottants ! 
songes-tu ? Moi, je les pleure, 
nos chanteurs du dernier printemps.

Tu parles, ce soir  tu m'aimes, 
des oiseaux du prochain Avril ; 
mais ce ne seront plus les mêmes, 

et ton amour attendra-t-il ?
FRANÇOIS COPPÉE

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